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Interview - Thomas Godmez

Demain Citoyens !

 

Thomas Godmez, Directeur de Cabinet adjoint du Ministre Marc Fesneau répond à nos questions. Comment s’organise un cabinet ? À quoi sert son Ministère ? Un grand merci à lui !

 

Je m'appelle Thomas Godmez, je suis Directeur adjoint du Cabinet de Marc Fesneau, Ministre auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement et la Participation citoyenne et j’occupe ce poste depuis octobre 2019.

 

Que signifie être directeur adjoint cabinet et qu'est-ce que c'est un directeur de cabinet ?

Entre un directeur de cabinet et un directeur adjoint, la différence assez ténue puisque l'adjoint a à connaître les mêmes dossiers que le directeur de cabinet. Un temps important de mes journées est tout d’abord consacré à l’animation de l’équipe du ministère, de la chefferie du cabinet à la communication en passant par les conseillers au fond. Il y a également une partie importante du travail qui consiste à suivre les dossiers qui sont les plus sensibles car le directeur du cabinet est le plus proche collaborateur du ministre. Le directeur du cabinet exerce nécessairement une fonction de filtre car l’agenda du ministre est particulièrement contraint et certaines problèmes doivent être réglés en amont. Enfin, il y a une dimension de représentation du Ministère vis-à-vis de l’extérieur, et notamment des autres ministères, de Matignon, des assemblées et du CESE.

Au Ministère chargé des Relations avec le Parlement, la direction du cabinet s’occupe principalement d’élaborer l’ordre du jour de l’Assemblée nationale et du Sénat, qui est le cœur de métier du ministère et un élément politique très stratégique. Ce ministère, qui existe depuis le Gouvernement Provisoire de la République Française, a vocation à accompagner les réformes voulues par le Président de la République et le Premier ministre, en veillant au respect des délais fixés par ces autorités et des différentes règles déterminées par la Constitution : préparation du texte de la réforme, calendrier d’inscription en Conseil des ministres, calendrier d’examen par l’Assemblée nationale puis le Sénat, calendrier de mise en œuvre de la loi votée….

Au quotidien, la fixation de l’ordre du jour des assemblées parlementaires est particulièrement chronophage. Concrètement pour l’Assemblée nationale,, cette fixation de l’ordre du jour se fait l’ordre d’une grande réunion de tous les présidents de groupe et de commission, sous l’autorité du Président de l’Assemblée nationale, et en présence du ministre, le mardi matin et que l’on appelle « la Conférence des Présidents ». La préparation de ce moment solennel débute dès la semaine précédente.

 

Donc sans MRP, pas de fonctionnement du Parlement ?

Il est vrai que l’existence d’un Ministère chargé des Relations avec le Parlement interroge. A-t-on besoin d’un ministère dédié ? Et cela a-t-il un sens compte tenu du régime de séparation des pouvoirs sous lequel nous vivons ? Mais qui dit séparation des pouvoirs dit précisément nécessité de dialogue entre ces pouvoirs et c’est là l’essence même du Ministère chargé des Relations avec le Parlement : organiser la fluidité des relations entre des institutions qui sont séparées.

 

Comment vous êtes-vous retrouvé à ce poste aujourd'hui ?

J'ai été étudiant à Sciences-Po et à l’École Normale Supérieure et j'ai fait plusieurs stages à l'époque dans les administrations (ambassade, à la Cour des comptes...). Et puis un jour, par goût de la politique, j’ai été recruté comme stagiaire au groupe Socialiste à l'Assemblée nationale pour suivre les travaux de la Commission des Finances pendant l’examen du budget à l’automne. À l’issue de mes 4 mois de stage, j’ai été recruté comme conseiller parlementaire au groupe, en parallèle de mes études. Je suis venu ensuite au MRP comme Chargé de mission pour les affaires budgétaires entre juin 2015 et février 2016. J'ai démissionné en février 2016 pour tenter le concours de l'ENA où j'étais admissible mais pas admis, comme quoi un échec est toujours une occasion de mieux rebondir !

Je suis revenu en février 2018 comme conseiller au cabinet de Christophe Castaner avant de devenir le directeur adjoint du cabinet Marc Fesneau en octobre 2019.

Le rôle de conseiller ministère est éminemment politique. On est soumis aux contingences politiques puisque votre contrat de travail prend fin quand le ministre qui vous emploie quitte le Gouvernement. Etre recruté en cabinet ministériel est le fruit d’une rencontre entre des circonstances, des relations personnelles et la volonté de servir un projet politique sans compter ses heures.

 

Avez-vous un homme politique qui vous inspire ?

Évidemment je suis avant tout inspiré par mon patron ! On était ce matin au banc pour la Proposition de Résolution qui vise à ajouter le nom de Valéry Giscard d'Estaing au musée d'Orsay et de l'Orangerie, et à la réflexion je pense que son septennat a été, du point de vue des politiques publiques mises en place, le plus inspirant (droit à l’IVG, droit de vote à 18 ans)… . Mais, pour ce qui est de la personnalité, j'aurais plus une appétence pour Georges Pompidou et François Mitterrand, des personnalités littéraires et plus romanesques et donc forcément plus attirantes.

 

Si vous aviez un message à transmettre à la jeunesse, que diriez-vous ?

Je ne pensais pas qu’on me poserait déjà cette question à 29 ans… et je pense évidemment qu’il est nécessaire qu’elle s'engage. Car, finalement si elle ne s'engage pas, d'autres personnes décideront à sa place et ce raisonnement devrait la faire réagir. Même le plus individualiste des individualistes aurait intérêt à s'engager dans la vie de la Cité, ne serait-ce que pour rester maître de son destin. S’engager est dans l'intérêt de tous mais aussi dans l'intérêt individuel de chaque jeune... Je me félicite que des associations comme la vôtre existe.

 

Source image : Raph

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