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il y a 1 mois

La suppression de L’ENA

Déjà, L’ENA c’est quoi ?

L’ENA c’est une grande école, installée à Strasbourg, créée le 9 octobre 1945 par une ordonnance du gouvernement provisoire français, alors présidé par le général de Gaulle.

Elle a pour vocation de former les hauts fonctionnaires de l’Etat, en leur dispensant différentes formations, axées autour de la culture générale, du management et du fonctionnement des institutions, à la fois européennes et françaises.

Pourquoi on en parle (depuis longtemps) ?

Parce que depuis longtemps déjà de nombreux reproches lui ont été faits. Notamment d’être une « fabrique à élites », des « élites » complétement déconnectées de la réalité, qui se voient pourtant confier des postes à hautes responsabilités sans aucune expérience de terrain.

Des reproches qui accusent l’ENA de maintenir un « entre-soi » social, qui empêche à ceux issus de milieux modestes et ouvriers d’y avoir accès, ne pensant pas « avoir les codes » nécessaires pour y étudier, ou même simplement pour postuler aux concours d’entrées.

Le fonctionnement interne de l’école en lui-même est souvent remis en question, puisqu’à la fin de sa formation, chaque promotion se voit classée, ainsi les mieux classés obtiennent les affectations les plus prestigieuses : Conseil d’état, Corps diplomatique et préfectoral ; tandis que les moins bien notés ne disposent que de postes peu attractifs.

Un classement qui aurait une répercussion sur les carrières entières de ces hauts fonctionnaires, pour lesquels une tête de classement garantirait donc un bon avancement, là où un classement inférieur le ralentirait.

Alors, pourquoi on en parle plus ces derniers temps ?

Et bien très simplement parce que le 8 avril dernier, Emmanuel Macron a annoncé, lors d’une visioconférence regroupant 600 fonctionnaires, la suppression de cette école, dont il est lui-même issu.

Elle devrait être remplacée par un Institut du Service Public (ISP), à la prochaine rentrée 2022, que les actuels préparationnaires de l’ENA devraient être les premiers à intégrer.

Une mesure qui intervient dans un contexte particulier, alors que l’annonce des prochaines présidentielles commence à se faire entendre, et surtout lorsque l’on connaît les ébauches qui avaient été le fait de nombre de gouvernements précédents au sujet de cette école.

Des ébauches qui avaient toutes pour but de répondre à un souhait particulier de l’électorat : cesser de cultiver des hauts fonctionnaires « hors-sols » et relancer la machine du mérite républicain.

Dans le fond, qu’est-ce que ça change ?

Alors, comme souvent, beaucoup se posent la question de savoir si c’est avant tout un grand coup de com’ ou bel et bien un changement profond, qui ne fusse ne serait-ce qu’un peu désintéressé.

On peut tout de même relever que dorénavant il devrait être impossible à la « botte » du classement d’être tout de suite admise dans les « grands corps » (Conseil d’Etat, Cour des Comptes…) et qu’elle devrait passer cinq à six ans sur le terrain, en préfecture, obtenant de réelles qualifications.

En outre, la création d’un « tronc commun » avec 13 autres écoles de l’administration sera réalisée, et devrait permettre d’ouvrir une formation jugée parfois « vide » et centrée sur des programmes eux-aussi vus comme archaïques.

Et les gens dans tous ça, ils en pensent quoi ?

L’opinion reste partagée quant à cette suppression.

Si certains y voient un moyen d’ouvrir la formation à une plus grande diversité de profils, d’autres la critiquent, et considèrent par exemple que la simplification des concours va à l’encontre des préceptes de la méritocratie républicaine.

Néanmoins, beaucoup se concertent pour dire que cette décision n’est pas sans but politique, surtout à l’approche des élections, et que Macron cherche par là à contenter un électorat hostile à l’égard des dirigeants de l’administration, vus comme entièrement déconnectés de la réalité.

Et ceci malgré le fait qu’il soit souvent compté comme en faisant partie, voire en étant la tête de file.

Après l’ISF, l’ISP donc.

 

Tom F.

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